Dans les yeux de Borsatti

Sylvain Borsatti

« – Putain, mais merde on est des humains. »

 
 
J’ai d’abord découvert les promenades de Sylvain Borsatti sur un groupe Facebook : Le Groupe Des P’tits Mots Lus Dans La Rue. J’ai été touché par son regard et par la poésie de rue qu’il relève dans ses photos. J’ai tiré le fil jusqu’à sa page Facebook et y ai trouvé un nombre incroyable d’images.
La persistance de son geste, sa récurrence, sa fréquence m’ont intrigué et séduit. J’y ai vu là une forme de cette prise de responsabilité individuelle que je chéris, convoite et convoque. J’ai toujours eu le goût de ceux qui insistent, qui lâchent pas l’affaire comme on dit, et il m’a semblé en être. J’ai voulu en savoir plus, je l’ai appelé.
Comme un écho à ce qui se dit, se perd ou s’égare, la communication se dégrade au fur et à mesure de notre conversation et le son en souffre. Pas grave, tendez l’oreille. Borsatti, lui, tend les yeux.

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crédit photo : Sylvain Borsatti.

 

 

2 réflexions sur « Dans les yeux de Borsatti »

  1. Quel plaisir et bonne idée de te faire parler !….
    « S’il existe une différence entre voir et regarder ? »… te demande t’on.
    Mais toi Sylvain, tu te situes bien au-delà de cette question. Ce qui unique chez toi, éternel marcheur fou, c’est une capacité d’accueil des choses et des gens, sans une miette de jugement. Par tes yeux, tout devient beau, émouvant, bouleversant. Tu ne consommes pas ce qui est autour de toi pour faire « la jolie photo » qui en jette. Tu marches à l’ouvert et tout semble venir à toi, te sauter dans le regard qui est le tien, parce que toi seul en serait digne du fait de ton humilité. Ce qui te caractérise c’est justement un renoncement absolu à valoriser ton ego. Tu n’as rien à prouver. Tout est amour pur entre toi et ce qui est là disponible à tes yeux. Et cette posture est si puissante et féconde que ça marche aussi à l’écrit. A chacun de tes récit, tu fais au plus simple. Tu déplies des phrases pour raconter sans le moindre artifice littéraire, un évènement que personne n’aurait su noter sauf toi. Et avec tes mots évidents si épurés, tu édifies une oeuvre d’art, aussi élaborée qu’une dentelle bretonne. Tu articules extrême délicatesse et puissance déterminée, avec une grâce incroyable. En fait, si tu veux, il me semble qu’on peut te résumer en affirmant que tu portes à toi seul, toute ce que le plus beau de l’humain peut générer.
    Et toute ta force semble tenir à ceci de l’enfance que tu n’as jamais oublié : le geste gratuit, le don comme ça, pour le plaisir. Tu aimes la vie, tu aimes les gens, tu aimes marcher, tu aimes rendre compte par l’image, par l’écrit… alors tu fais et puis c’est tout, sans attente de retour. Tu es l’anti-thèse du carriériste prêt à tuer pour 10€ d’augmentation.
    BRAVO !!!!!! Surtout continue. C’est pur bonheur de suivre tes pas. Bises
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    Catherine Catski Cisinski

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