if the kids are united ou le crédit de la fiction

Une morue, une raie, un crabe, une horde de CRS. La vie en sous-marin, par la lorgnette du périscope. On en voit des choses en dessous des lignes de flottaison. On en entend, déformée, reformée, transformée, par l’environnement liquide. Saut de plage dans les fréquences, les mots s’accompagnent de signes que la main forme au coin du masque, d’images que la marque informe au coin du cran.
Si médias veut dire de l’immédiateté, alors pourquoi pas ? Pourquoi ne pas passer tout cela au moulin à poivre et assaisonner la rue en gaz et en gazette ?
 
bombe au poivre
Informez-moi. Informez-moi violemment mais rigoureusement. Bâtissez aux briques de l’abrutissement de masse les remparts de tous mes intimes. Gavez-moi. Mais pas tout de suite. Après la pub. Et je promets, je serai, au milieu des canards, le roi de la danse. Mes Ha seront des Ho, mes faits des «faut que». À moi enfin, le confort de la vie moderne. Buzz. Buzz. Buzz.

J’avais écrit ces quelques lignes en pensant à un prochain sujet radio croisant les notions d’information et d’actualité. J’étais tranquille, autant que l’esprit le permette, à penser à ce carrefour quand… BIM ! Accident de la route. Marcelin Deschamps venait de brûler un feu rouge. Mehdi Meklat avait la carte et on s’apercevait qu’elle était grise. D’un gris sombre, haineux et homophobe. Exercice de style fictif ou pas sur un réseau social dont le logo est un pigeon. Il faut faire l’effort de s’en souvenir.
meklat by zabbalin

La fin supposée de la lutte des classes a laissé des champs libres. Le classement des luttes a libéré Deschamps et ses chants nauséabonds surclassent aujourd’hui Meklat qui dit comprendre qu’il a désenchanté. La chorale a du coeur. Tintamarre de canard. Dans les Landes, pour une simple grippe, on abat. Génocide volailler. Principe de précaution. Ici, c’est le coq qui prend et la peste qui avance.

Fictif
. Comme Marcelin, comme Pénélope, comme la sphère, comme ce réel qui se raconte après le troisième top. Il sera n’est plus. Il a plu sera.
Je ramasse des bris de phares restés sur l’asphalte. Quelqu’un pourrait crever. On est tous responsables de l’espace public. Sans cette conscience, il ne le serait plus. Voilà tout l’enjeu de l’épisode Meklat. Peut-on soutenir le fictif dans l’espace public ?
Dans un roman, la fiction a sa carte et son territoire. Des chapitres, des paragraphes, une couverture et une quatrième de couverture qui constituent les frontières d’un espace privé. Il n’y a pas ces frontières dans la proposition Marcelin Deschamps. L’élaboration du personnage appartiendrait à une littérature 2.0 soluble dans l’air et dans le temps dont les caractéristiques seraient d’échapper à toute règle. Une surenchère cabotine résumée par ces quelques formules, modernes elles-aussi, « OK je sors », « je pose ça là au cas où », « J’dis ça, j’dis rien ».

«Je suis fictif»,

c’est l’époque qui le dit. C’est pas Meklat.

BUZZ

BUZZ BUZZ

BUZZ BUZZ BUZZ

BUZZ BUZZ BUZZ BUZZ

TROLL TROLL TROLL TROLL

TROLL TROLL TROLL

TROLL TROLL

TROLL

Laisser un commentaire