#43mars #NuitDebout – Jean Lassalle


43 mars – Paris
Place de la République – Jean Lassalle – député & candidat à la présidentielle 2017 –, debout parmi les debout.

Il est tard.
Je tourne autour du lion.
Une quinzaine d’hommes accordent leurs corps et leurs voix aux arabesques des percussions. Des chants arabes à l’endroit des hommages.
Symbole.
Un couple ivre d’amour s’embrasse. Les solitudes en jalousent les périphériques. Les regards des corps cherchant un nouvel essor renvoient femme au synonyme de discrétion. La nuit est debout, l’ambiance chelou. Vacillante. Entre les mains des insomniaques.
Le gros des troupes, parti à l’assaut d’un commissariat, affolent les rues de Paris. Au pied de la République, il reste trop peu de monde et suffisamment d’alcool.
Les âmes sont longues quand, à la nuit, elles prêtent leurs ombres.
Coiffé d’un béret, Jean Lassalle est grand. Sa silhouette noire s’étire vers le haut. Sa voix grave appelle par devant. Ne me demandez pas ce qu’il fait là. Il y est. Debout.
Rien ni personne ne sait autoriser l’histoire.
Dans les mondes à l’envers, l’histoire saura-t-elle nous autoriser ?

5 thoughts on “#43mars #NuitDebout – Jean Lassalle

  1. Didier Galet

    Bon, ok, cela ressemble à un moment de vérité (en tout cas de franchise) pour quelqu’un qui, malgré tout, collabore avec le système en place.. et ses incohérences. Il n’incarne rien pour l’instant et il ne le pourra seul… Il confirme que le pouvoir éloigne du quotidien (mais pourquoi?) et que le quotidien de chacun éloigne du projet collectif (mais pourquoi?). On manque de sens et je te rejoins Ben quand tu parles de dimension philosophique et c’est cela que j’attends aujourd’hui. Ce sens ne pourra venir d’un homme ou d’une femme providentielle mais de la production collective d’un projet de société dans laquelle nous avons envie de vivre. Les Islandais sont surprenant en la matière. La question est comment faire… « Nuit debout » en est une forme qui reste trop urbaine pour être diffusée (trop instable pour l’instant pour être constructive)?

    1. zabbalin Post author

      Je ne saurais répondre à tes pourquoi sur ces notions de pouvoir et de collectif et, comme toi, je doute de la providence. La question du comment faire reste en suspension.
      Si nous sommes dans l’impasse, il s’en pose une autre, saurons-nous jouer les passe-murailles ou devrons-nous faire demi-tour ?
      Auquel cas, il faudra repasser au moins une fois par ce qui nous a mené là. Nous aurons alors besoin d’alliés. Libre à chacun d’élire les siens ou le sien. Donner la parole à Jean lassalle ne signifie pas que je lui accorde ma voix.
      Il faudrait s’intéresser plus précisément à cette Islande si souvent citée. J’ai le souvenir d’avoir lu un article qui éclairait les réalités excluantes de la société islandaise. Je ne veux pas trop m’avancer, le souvenir de cet article reste flou mais il y était fait état du sort peu enviable réservé aux chômeurs de longue durée. La société islandaise y était décrite comme incluante, c’est vrai, mais jusqu’à un certain point. Passé ce point, la violence de l’exclusion semblait bien pire qu’ici.
      Comme dit lors de notre échange, « Nuit Debout » est d’abord, pour moi, un mouvement philosophique interrogeant la vocation de l’humanité, appelant l’individu à sortir de l’image de soi pour entrer dans la conscience de soi. En ce sens, « Nuit Debout » interroge notre chronologie, qu’elle soit sociétale ou intérieure. Les secondes sont des premières qui s’ignorent, la construction nécessite un temps incompressible. Nous sommes les enfants de l’immédiateté, il y a là de quoi déconstruire. Pour l’instant, je choisis d’être patient et dégage « Nuit Debout » de la rentabilité que l’on souhaiterait lui adjoindre. Avec le temps va…

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