au pays des chasseurs

au pays des chasseurs, ce sera nous.

au pays des chasseurs
rabattre les heures
s’exclure de l’allure
s’accrocher aux branches
canopé en canapé
à la lueur des fêlures
je suis québlo
racines de ciment
des lignes blanches
le samedi soir
tes lèvres sont des phares
free party dans les blocs
perchés
échappés
sous le chapeau de la liberté
les lapins ont les yeux rouges

au pays des chasseurs
une passée de pas de danse
saurait-elle effacer les censeurs

au pays des chasseurs
une passée de mots de passe
saurait-elle rappeler les hackers

absent de l’enveloppe
j’ai mon fantôme dans la poche
à la prochaine négoce
au prochain gosse
je remets le voile je fais sacoche
j’apprends à manger avec les yeux
sans les garder ouverts

au pays des chasseurs
mon innocence est allongée
sur le sable du sablier
en gant blanc un policier
doucement vient la ramasser

vous nous vouliez un pour la perfection du dividende
nous voilà vides de ceux que les vôtres vendent
rendus à l’âme sans femme sans muse
s’amusant de notre propre étourdissement

les barbelés de l’urgence soumettent le pluriel

singulier comme l’abeille comme le miel
crevant tout pareil
réfugié du tout adjugé rien
je me déjuge
je m’enroule dans les illusions
comme on s’enroule dans des feuilles de plastique
des cocons pour les chrysalides à l’identique
du moment qu’on nous informe
on consent à former l’informe
sous mes pieds la moquette est trempée
mes bras sont tombés

au pays des chasseurs les manchots valent pas grand-chose

aux règles on devine
des fous dans la cuisine
la banquise est à nous
acquise sans le sou
au souvenir du caniveau
les plumes des corbeaux
les arbres seront nos armes
novembre nos larmes
du sang qui aura coulé
ce sera nous la foule
la vie en rose
l’envie la prose
la langue Molotov
le cœur Kalachnikov
ce sera nous Paris.

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