les orties

Touche pas. C’est des orties. Ça pique.

LES ORTIES

Sac et ressac
monter descendre
marée haute
marée basse
acid trip apatride
et toi la métisse au milieu dis-moi
que savent les chênes pieuvres
de nos tentatives échouées
de l’or et du sang
qui coulent des bouleaux
que savent-ils
du ventre de nos femmes
et de leurs cris
aux premières neiges

encore une fois je marche les épaules courbées
je regarde la Terre
c’est comme ça que j’apprends à l’aimer
j’ai des questions sur la vie même à l’intérieur de la vie
les insectes les microbes les bactéries
et moi
si la chaîne est alimentaire
alors esclave salut apprends à te taire
finis les commentaires
l’émoi

vas-y gamin saute dans les flaques fais la râler
même si la nostalgie te remet le deuil à l’étrier
faut savoir pleurer des crocodiles des grenouilles
peut-être même des rentiers
pour remplir toutes ces arches de Noé
ma peine mon envie
s’effacent encore une fois
devant la raison et le tort
j’embrasse les orties
c’est pas le courage qui me manque
mais c’est la vie qui m’ennuie
et aujourd’hui elle pleut

y a dans les nuages minor swing big-up my spleen
même les laitues sont sauvages
la verdure a la dent dure
les édentés sont au chômage
les usines sur la paille
permaculture l’ouvrier
c’est moi
pissenlit contre les arbres bout de bois pour syndicat
maintenant je crois que je suis prêt
au combat

c’était au petit matin
duel à l’ancienne
soleil dans les yeux
face à face entre moi et moi
les ronces étaient mes témoins
les corbeaux étaient là
allongé dans l’herbe
un cœur plus gros que moi
battait encore la chamade
tant pis pour toi camarade camarde
j’ai embrassé les orties
les herbes avaient grandi
la vérité aussi.

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